Challenger avant cette dernière finale de Coupe Davis ancien format contre la Croatie, les bleus visaient le doublé.

Captain Noah est décidemment inclassable. Misant en priorité sur le partage de l’esprit commando dans le choix des hommes, il décida de faire confiance au revenant Jo-Wilfried Tsonga , retombé à la 259 place mondiale ainsi que le palois Jérémy Chardy , adepte de la terra battue intérieure.

Ce choix s’explique par la blessure de Richard Gasquet, numéro 1 français au terme de la saison 2018 ainsi que la seconde partie de saison fantomatique de Lucas Pouille. De surcroit, Chardy, 40e mondial , proche de Patrick Moratoglou, a montré lors de la semaine d’entrainement une forme physique exceptionnelle. Son profit d’attaquant convient à Noah qui estime ce profil indispensable pour battre Borna Coric.

Cette finale était sur le papier autrement plus difficile que celle de 2017 contre une Belgique ou David Goffin surnageait.

Avec Borna Coric, 12e mondial , auteur d’une saison fantastique et Marin Cilic, 7e mondial , vainqueur d’un Us Open, la Croatie semblait largement supérieure à des français de plus en plus moyens .

Malgré le fantastique engouement des supporters bleus du stade Pierre Mauroy, la logique tennistique fut implacable tout au long des deux premières rencontres.

Borna Coric épuisa Jérémy Chardy par une cadence incroyable et une justesse glaciale. Pris de vitesse, en difficulté à la volée comme au revers ont fait du palois la proie idéale pour le natif de Zagreb dont la ressemblance avec Djokovic se limite de moins en moins au physique. En 2H19 minutes de jeu , il s’impose 6/2 7/5 6/4 sans concéder la moindre balle de break , attestant ainsi son degré de supériorité tout au long de la rencontre.

Tsonga n’a pu inverser la tendance face à un Cilic surpuissant et en confiance.

2-0 dès le vendredi soir donnait très peu d’espoir à nos bleus d’inverser la donne malgré l’exploit réalisé il y a plus de vingt ans par Captain Noah et ses joueurs !

La paire finaliste du masters de double, Herbert-Mahut, remporta un match de double de haute volée dans une atmosphère à nouveau fantastique qui devrait faire réfléchir l’ITF et sa réforme vouée à faire toujours plus d’argent au détriment la passion. Organiser la Coupe Davis tous les deux ans aurait été une option plus sage pour répondre aux exigences du calendrier.

Ce baroud d’honneur garda le suspense intact mais fut très insuffisant pour inverser la tendance.

Malgré le joker nordiste Lucas Pouille, le numéro 1 croate Marin Cilic enfonça le clou en trois sets démontrant une nouvelle fois l’incontestable supériorité croate dont la génération méritait de remporter la Coupe Davis.

Cette défaite amène deux constats :

  1. Le capitaine s’est trompé dans le choix de son équipe en refusant de sélectionner Gilles Simon, auteur d’une bonne fin de saison et surtout possédant un ratio de victoire exceptionnel contre Cilic et intéressant contre Coric. Refuser de faire confiance à Gilou pour des raisons d’état d’esprit est une faute dont la finale fut la cruelle illustration.
  2. La seule responsabilité du capitaine n’est évidemment pas engagée dans cette défaite. Après une dizaine d’année ou nos mousquetaires ( Gasquet, Simon, Monfils, Tsonga) ont porté très haut le tennis français, la relève peine à se révéler.  Les bleus viennent d’accomplir leur pire saison depuis près de quarante ans dans la mesure ou pour la première fois depuis 1982, aucun joueur français n’a atteint les quarts de finale d’un grand chelem.

Une grande remise en question s’impose au sein de la formation de la Fédération Française de Tennis qui est une des plus riches au monde afin d’obtenir d’autres résultats et inculquer dès le plus jeune âge la culture de la gagne.

Fan de tennis depuis toujours , amoureux du jeu de Gasquet, de la surpuissance de Tsonga , de l’intelligence de Simon et du physique de Monfils, je souhaite leur dire Merci pour toutes les émotions procurées. Ils sont tombés sur la plus grande génération de l’histoire du tennis, Djokovic, Federer, Nadal, Murray mais ils resteront pour toujours au panthéon du tennis tricolore.

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