Fortement pénalisées cette année par la transformation de l’ISF en IFI, les associations craignent une seconde baisse des dons en 2019, du fait du décalage de trésorerie que vont subir les personnes bénéficiant de la réduction d’impôt liée à ces actes de générosité.

Le prélèvement à la source permet de nombreuses avancées mais comporte quelques conséquences fâcheuses.

Une de celles-ci concerne les associations. En effet, à côté du 1er janvier prochain, les personnes réalisant régulièrement des dons, et qui bénéficient à ce titre d’une réduction d’impôt risquent en effet d’être pénalisées par le mode de calcul du prélèvement à la source.

A la différence du système précédent, le taux qui vous sera appliqué ne tiendra plus compte des réductions et crédit d’impôt, contrairement au système actuel. Les personnes bénéficiant de tels avantages fiscaux année après année verront donc leur impôt augmenter pendant les huit premiers mois de l’année. Ce n’est qu’en septembre qu’ils verront leur situation régularisée par le biais du versement du crédit ou de la réduction fiscale.

Cette nouvelle donne inquiète fortement les associations qui pense que les personnes vont soit retarder soit annuler leurs dons.

Cette mauvaise nouvelle s’ajoute à la transformation de l’ISF en IFI qui a fait diminuer drastiquement le nombre de personnes assujettis à cet impôt.

Un premier bilan sur les six premiers mois de 2018 montre une baisse de 56% des dons ; environ 150 millions d’euros de baisse sur la période.

Cependant, les dons ISF ne représentent qu’une petite partie des dons aux particuliers, évalués au total, à 4,5 milliards d’euros dont 2,6 milliards d’euros liés à la réduction d’impôt sur le revenu. Une grande partie des donateurs sont retraités ; entre le prélèvement à la source et la hausse de la CSG ; crainte de voir les dons baisser.

Afin d’éviter que le choc de cette réforme ne soit trop difficile pour les associations ; le lobby associatif milite pour que les personnes réalisant des dons bénéficient de la même faveur que les particuliers employeurs : à savoir le versement d’un acompte équivalent à 30% de l’avantage fiscal dès le mois de janvier. Reste à convaincre le gouvernement ou les parlementaires ce qui ne semble pas gagné vu leur positionnement actuel : les associations ont encore quelques mois pour inverser la tendance.