La compagnie irlandaise , formidable success story d’une compagnie low cost qui a défié tous les pronostics pour devenir un acteur incontournable du marché aérien européen.

Depuis sa naissance, elle défraie la chronique avec son truculent DG Michael O’Leary qui obtient certes des résultats financiers flamboyants mais semble un peu trop accro à la provocation permanente ainsi qu’au buzz médiatique.

2018 lui a fait connaitre l’année la plus agitée socialement de son histoire. La dernière grève d’ampleur en Europe date de Septembre ou près de 250 vols ont été annulés. Résultat de la décision des hôtesses et stewards de débrayer en Belgique, Italie, Espagne , Portugal et Pays-Bas. Elles revendiquent de meilleures conditions salariales et sociales avec des plages de repos équivalentes à la condition collective du milieu de l’aérien.

Par ailleurs, la compagnie irlandaise avait fermé sa base française à Marseille à la suite de la plainte pour travail dissimulé en 2011 qui avait amené à une condamnation judiciaire pour Ryanair. Celle-ci a ensuite été annulé en appel et un nouveau procès doit se dérouler prochainement. Le leader des compagnies low cost dessert de multiples aéroports français depuis de nombreuses années mais n’a plus de base dans l’hexagone. Cela signifie qu’aucun avion ne passe la nuit en France et qu’aucun steward et hôtesse ne prennent leur service en France.

Malgré ce contexte social tendu, O’Leary a annoncé l’ouverture de deux nouvelles bases en France au cours de l’année 2019 à Marseille et Bordeaux . 120 recrutements en droit français verront le jour l’année prochaine. La compagnie table sur une fréquentation de 1,1 millions de passagers  à Bordeaux et 2,4 millions à Marseille.

Le DG irlandais n’a pas pu s’empêcher de rendre ses concurrents responsables de ce mouvement social en déclarant qu’il n’était pas prêt à ‘ s’écraser comme Easy Jet à chaque grève’. Une plainte a été déposée en ce sens devant la commission européenne afin de vérifier ses allégations car il demeure persuadé que les compagnies concurrentes cherchent à abimer la compagnie et la confiance de ses clients.

Compte tenu de cette situation explosive , les administrateurs de Ryanair ont lors de l’AG demandé du changement sur la gouvernance tout en épargnant O’ Leary.

Le Président du conseil d’administration , David Bonderman, 75 ans, a été réélu avec un score médiocre , faisant écho aux difficultés du moment. Les actionnaires demandent un relationnel différent avec les syndicats  et estime qu’O’ Leary soit  sous l’influence néfaste de Bonderman. Le DG devrait rempiler cinq dernières années de plus à compter de Septembre 2019 pour ce qui serait probablement son dernier mandat.

La compagnie a aussi un autre front de conflit avec le bras de fer entamé avec la Commission Européenne concernant les règles protégeant les passagers.

La compagnie irlandaise estime que les grèves sont des circonstances exceptionnelles qui l’exonèrent d’indemnisation vis-à-vis des passagers. Les autorités européennes ne partagent pas du tout cet avis et menace de lourdes sanctions. De surcroit, de nombreux passagers ont décidé de porter plainte contre la compagnie et se sont tournés vers une entreprise spécialisée dans l’indemnisation aérienne, c’est-à-dire qu’elle se charge du recouvrement des indemnisations pour les passagers et se rémunère grâce à une commission sur le montant récupéré.

L’enjeu financier de cet imbroglio s’élève à une centaine de millions d’euros. La Cour de Justice Européenne a statué en avril dernier en rappelant à Ryanair ces obligations en la matière. Mais le tribunal de commerce de Barcelone à rendu une décision contraire jugeant que les grèves ne sont pas du fait de l’entreprise. La compagnie irlandaise s’appuie sur cette jurisprudence pour contester le versement de ces sommes réclamées.

Cette donnée perturbe les actionnaires et fait peser un risque sur le résultat de l’année 2018 de l’entreprise.

C’est une des raisons qui ont amené le groupe a abaissé ses prévisions de résultat pour l’année sans oublier l’impact de la hausse des carburants.

Malgré des bénéfices qui demeurent très élevés , ceux-ci seront en net recul avec près de 200 millions d’euros en moins en 2018 qu’en 2017.

2019 sera une année charnière pour O’Leary et ses équipes. IL faudra apaiser le climat au sein de l’entreprise tout en prenant les décisions nécessaires pour poursuivre la croissance de l’entreprise

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