Le champions project va-t-il enfin connaitre la Ligue des Champions ?

Depuis l’arrivée de Franck Mc Court en 2016 suite à son rachat du club à Margarita Louis-Dreyfus, l’Olympique de Marseille a connu des moments contrastés avec des hauts et des bas. Conforme à l’histoire du club marseillais. De la finale de la Ligue Europa à l’absence de qualification en ligue des champions, pourtant si essentielle pour les finances de l’OM et la pérennité du projet sportif.

N’oublions pas cependant que l’actionnaire américain a repris un OM en difficulté financière et sportive avec certes un potentiel quasi-unique en France. Un club qui n’avait plus connu la champions League depuis la saison 2012-2013, gangréné par les conflits internes avec un actionnaire qui souhaitait ardemment vendre le plus rapidement possible et un public passionné lassé par tant de contre- performances.

L’ancien propriétaire des dodgers, magnat de l’immobilier américain, était attendu tel le messie sur la Canebière. Son homme de confiance français, Jacques-Henri Eyraud est nomme Président salarié du club. Il annonce le fameux ‘ Champions Project’ sur trois à cinq ans, affirmant vouloir concurrencer à terme le Paris Saint Germain. La ferveur incandescente du stade vélodrome reprend de plus belle. Arrivée de Rudi Garcia, auréolé de ses bonnes saisons à l’AS Rome, retour de Payet pour près de 30 millions d’euros, score nul et vierge obtenu au parc des princes après plusieurs défaites contre le PSG sans oublier l’annonce d’un investissement de près de 300 millions d’euros de l’actionnaire dans les deux prochaines années. La seconde partie de la saison 2016-2017 fut encourageante sans être enthousiasmante avec une qualification en Europa League à la clé. Objectif en lien avec les attentes de la direction pour cette saison.

Ne pas évoquer le transfert de Neymar pour 220 millions d’euros de Barcelone à Paris lors de l’été 2017 serait une manifestation éclatante de mauvaise foi. Ce transfert fait exploser les prix de toutes les transactions et rend l’investissement promis par l’actionnaire de Boston moins en capacité d’attirer les éléments qui permettraient une progression plus rapide de l’OM !

L’arrivée de Luiz Gustavo…

Elle fût la réussite principale du mercato de 2017 ! Et celle de Mitroglou rentrera dans l’historique des bides du club olympien ! Ce fut une année schizophrénique pour l’OM. Un parcours européen fantastique en Europa League qui participe à la construction du mythe européen de l’OM avec des ambiances uniques en Europe dans ce fabuleux écrin qu’est le Stade Vélodrome ! L’atmosphère lors de la victoire contre Leipzig et Salzburg restera longtemps dans les mémoires des supporters de moins de trente ans !! Mais le parcours, pour la troisième fois consécutive pour le club dans cette compétition se solda par une défaite indiscutable contre l’athletico de Madrid 3-0. Défaite qui prive l’OM d’un titre évidemment mais aussi et surtout d’une qualification en Ligue des Champions par le biais de cette compétition. Malgré une très belle saison aussi en Ligue 1 avec certes deux points bêtement perdus à Guingamp à quelques jours de la finale européenne, le club échoue à un pont du podium et regardera de nouveau la reine des compétitions européenne à la télévision.  Ce fut une année passionnante, pleine de bonheur et de partage unique mais ou l’objectif de l’OM ne fut encore une fois pas atteint. Déception sportive évidemment, inquiétude financière indubitablement. Garcia obtint lors de cette saison la quintessence de son groupe tant collectivement qu’individuellement.

Cette absence renouvelée en Ligue des Champions contraint l’OM financièrement tant par les obligations du fair play financier que par les directives de son propriétaire. C’est aussi l’échec d’une politique qui a privilégié l’achat cher de joueurs confirmés au détriment de jeunes pousses du centre de formation ou d’achat de jeunes en post -formation.

Les dirigeants ont aussi commis des erreurs.  Porté par l’enthousiasme de la finale de la Ligue Europa, le Président Eyraud a donné les pleins pouvoirs à Rudi Garcia tant au niveau du recrutement que du fonctionnement interne. Le directeur sportif Zubizaretta a un rôle secondaire dans le dispositif. Garcia est prolongé de deux ans en Octobre 2018 avec des conditions salariales très avantageuses. Achat de Strootman pour près de 25 millions d’euros et un salaire de 500.000 euros brut afin de faire plaisir à l’ancien coach lillois. La direction fait tapis, se pensant certaine d’accéder enfin lors de cette saison 2018-2019 au podium de Ligue 1 .

Une année cataclysmique

Cette année fut un fiasco total, sur le terrain comme en coulisse. Défiance d’une partie des cadres à l’égard du coach, un climat glacial entre Garcia et le directeur sportif, des résultats très décevants avec un zéro pointé en Europa League. Attitude alarmante des cadres, un Rami resté au mondial russe, un Mandanda hors de forme et un Payet sur courant alternatif. La saison se termine piteusement sans la moindre qualification européenne. Le départ de Garcia est inéluctable avec une indemnité de près de 9 millions d’euros qui vient peser sur les finances du club déjà mal en point.

Cette année cataclysmique pose aussi la question du fonctionnement sportif et administratif de l’Olympique de Marseille.  Le choix de l’OM de miser sur des joueurs confirmés pour obtenir des résultats immédiats s’avère un échec sportif aux conséquences financières désastreuses. Une nouvelle fois, Rudi Garcia laisse une situation sportive et humaine compliquée. Le centre de formation de l’OM n’obtient pas assez de résultat. La comparaison avec Lyon est cruelle. Il convient d’investir massivement rapidement afin d’y remédier. C’est une urgence absolue pour le futur du club.

Suite à cette année très décevante, l’OM se retrouve dans l’incapacité d’acheter de nouveaux joueurs sans vendre en amont. La situation financière est très délicate. Le directeur sportif, Andoni Zubizarreta redevient le patron du sportif suite au départ de son ennemi interne. Il jette son dévolu pour le prochain coach de l’OM sur Andres Villas-Boas, lui trouvant un CV intéressant, y compris à l’étranger. Il avait eu l’occasion d’échanger avec lui lorsque le coach portugais fut analysé en tant que candidat éventuel pour coacher le FC. Barcelone. Son arrivée sur la canebière fut accueillie avec scepticisme. Compréhensible pour un entraineur qui mis à part ses débuts dans son club de Porto puis son expérience russe à St Pétersbourg a enchainé les échecs à Chelsea, Tottenham puis en Chine.  Dés le début, il sut se faire adopter par un public difficile. Maniant le français facilement, bon communicant, un des plus jeunes entraineurs de ligue 1, une franchise qui détonne dans le milieu sans oublier une ambition assumée ; le cocktail idéal pour devenir la nouvelle idole des supporters marseillais. Le désamour autour de Garcia était tel que sa venue fut une véritable bouffée d’oxygène. Il assume ses erreurs comme lors du classico fin octobre avec la débâcle 4-0 au Parc des Princes. Depuis, il a su développer une vision du jeu, s’adapter à toutes les situations, protéger ses troupes et obtenir des résultats petit à petit.

Il a su remobiliser Payet, redevenu le maitre à jouer dont l’OM a tant besoin.  Il survole les débats depuis le début la saison. Il prend sa revanche après une première partie de saison gâchée par les pépins physiques, une hygiène de vie imparfaite, la guéguerre avec Garcia ponctuée par des performances décevantes. On a enfin retrouvé le Payet de l’Euro 2016, se donnant sans compter pour son club de cœur. Replacé par Villas Boas à gauche, qui le laisse permuter à sa guise en échange d’efforts défensifs, le réunionnais illumine le jeu de l’OM. Il conserve cependant son mauvais caractère qui conduit à son expulsion contre Montpellier à la suite d’insultes proférées à l’encontre de l’arbitre. Sanction immédiate : 4 matches de suspension qui pénalisent lourdement son équipe. Conscient de son erreur, il réalise des prestations de très haut niveau à son retour. Sa performance majuscule contre Lyon en Novembre avec un doublé a permis à l’OM de l’emporter enfin contre l’OL après quelques années de disette. S’il poursuit sur cette lancée, il redeviendra un candidat crédible à un poste chez les bleus.

Le coach portugais a su aussi créer une dynamique très intéressante au milieu de terrain. L’alliance des qualités respectives de Samson, Kamara et Rongier se révèle être un grand succès tactique et physique.  Il ne faut pas négliger Strootman tant raillé par la presse depuis son arrivée. Il n’est certes plus un milieu indiscutable et évolue en deçà des attentes placées en lui lors de son arrivée. Il n’est pas à plaindre avec son salaire de PDG américain mais il n’a obligé personne à lui faire signer ce contrat, résultat d’un laxisme effarant laissé à l’époque par la direction à Garcia. Malgré le fait que le Président Eyraud lui ait signifié qu’il devrait partir sous la pression des contraintes financières, le néerlandais est resté.  Malgré son statut de remplaçant, il demeure un modèle de rigueur et un exemple pour la jeune génération. Son but à Rennes qui donna la victoire à l’OM en est la parfaite illustration. Marseille est de nouveau une équipe ou ses membres se mettent au service du collectif.

AVB a su remobiliser Amavi, conspué par le vélodrome en Septembre et qui a retrouvé son niveau d’antan en ce début d’année 2020 ! Retour de Mandanda qui a su faire les efforts physiques nécessaires pour revenir au premier plan et retrouver sa place en équipe de France. Radonjic est enfin devenu décisif dans un rôle du supersub qui laisse présager un futur radieux. Benedetto, attaquant argentin est le choix du coach portugais. 7 buts en 20 matches, muet depuis le début 2020, ce n’est pas un renard des surfaces mais un joueur précieux qui sait jouer dans les intervalles en servant de point d’appui. Son altruisme lui joue des tours en termes de lucidité devant le but mais son travail pour le collectif force le respect.

La saison avait pourtant si mal commencé après une défaite si logique contre Reims à domicile. Pourtant, l’OM réalise une excellente saison pour le moment mise à part la débâcle du parc des princes. Cette deuxième place est le résultat du travail d’un groupe soudé et revanchard, mis en lumière par la vista et le travail de fond de Villas Boas et son staff. 5 points d’avance sur le troisième, une qualification en quart de finale de la coupe de France, cette année est décidément pleine de promesses.

Il convient toutefois de rester prudent. Plusieurs déplacements périlleux arrivent, la moindre blessure ou suspension peut affecter le rendement de toute l’équipe comme le nul à domicile contre Angers vient de le démontrer. Souhaitons que le staff médical fasse bien son travail, que le retour de Thauvin fasse du bien à toute l’équipe pour nous ramener enfin en Champions League. Si importante sportivement, si cruciale financièrement !

Vivement le quart de finale à Lyon et le Classico du 22 Mars pour vivre des émotions uniques mais n’oublions pas que la priorité de la saison demeure de conserver cette excellente seconde place !

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